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C’est tout le sens de la Journée mondiale du tourisme responsable coordonnée le 2 juin 2025 par l’association Agir pour un tourisme responsable (ATR). Pour cette 17e édition, le thème choisi – « Tourisme et eau : source de vie, source d’engagement » – a permis à de nombreux acteurs de partager leurs bonnes pratiques sur le site journee-tourisme-responsable.org. À travers des témoignages de professionnels, des récits de terrain, et des exemples inspirants, cette mobilisation collective montre que les solutions existent… à condition de les mettre en œuvre à temps.
Déjà en 2023, les Universités du tourisme durable (UTD), organisées à Aix-les-Bains par le réseau ATD (Acteurs du tourisme durable), s’étaient saisies du sujet. Intitulées « Sources et ressources du tourisme », elles avaient placé l’eau au cœur des échanges, avec en ouverture une conférence saisissante de la glaciologue Heidi Sevestre. Cette dernière avait rappelé l’évidence : sans glaciers, plus de sources. Sans sources, plus de rivières. Et, sans eau douce, plus de tourisme viable dans nombre de territoires. L’eau ne doit pas devenir un luxe, mais une urgence.
Certaines destinations, du sud de l’Europe à l’Afrique du Nord, ont vu leurs capacités d’accueil réduites par manque d’eau potable. Des plages ferment à cause de pollutions bactériologiques. Des stations thermales perdent leur attractivité, et les conflits entre résidents, agriculteurs, hôteliers et visiteurs se multiplient. Le modèle est à bout de souffle, sauf à le transformer. Cette transformation a commencé, timidement, mais concrètement. Atout France a récemment lancé un Appel à manifestation d’intérêt (AMI) sur la gestion durable de l’eau.
« Le tourisme doit sortir de sa dépendance aveugle à l’eau pour entrer dans une ère de sobriété lucide »
25 lauréats bénéficient et vont bénéficier d’un accompagnement pour réduire leur empreinte hybride, mieux capter les eaux de pluie, ou réutiliser les eaux grises. Une dynamique encore marginale à l’échelle nationale, mais qui devra faire école. Des entreprises aussi prennent le virage. Le guide « Tourisme et Eau » publié par Veolia dans le cadre de ses 70 propositions pour les territoires invite à une gestion intégrée et anticipée de la ressource, avec un message clair : « Il faut agir en amont, à la source ».
Réduire les gaspillages, repenser les usages, sensibiliser les clientèles : chaque acteur a un rôle à jouer. De son côté, ATR a organisé, à l’occasion de la Journée mondiale du tourisme responsable, une table-ronde en ligne avec des intervenants engagés, comme Agathe Clerc, Laurence Chabanis (OFB), Éric Jourdan (Dune), Caroline Debonnaire (Vision Éthique) et Agnès Decramer (Koob). Les échanges ont été prolongés par une Fresque de l’Eau, outil pédagogique puissant proposé par l’initiative Eau’Dyssée, pour mieux comprendre l’impact de nos choix sur le cycle de l’eau.
Le sujet n’est pas qu’opérationnel ou technique – il est aussi culturel, géographique, même « cosmologique ». C’est ce que rappelle Maxime Blondeau, cosmographe engagé, qui publie des contenus visuellement forts et scientifiquement solides sur le site geoconscience.com. Sa cartographie poétique du monde redonne à l’eau son rôle fondamental de matrice du vivant. Un regard précieux pour replacer les enjeux dans le temps long.
2025, l’année de la mer
Cette année 2025 est d’ailleurs doublement symbolique. Les Nations unies et l’OMM ont proclamé l’Année internationale de la préservation des glaciers, soulignant leur rôle crucial dans l’alimentation en eau douce. Dans le même temps, la France célèbre l’Année de la mer, rappelant que l’eau douce et l’eau salée sont les deux visages d’un même enjeu global. Ce continuum, Henri Bourgeois-Costa, porte-parole de Tara Océan, le défend sans relâche. Présent dans nombre d’événements ATR depuis 2019, il a pris la parole à la Conférence des Nations Unies sur l’océan à Nice, du 9 au 13 juin. Une tribune mondiale pour alerter sur la santé de notre planète bleue.
« L’eau ne doit pas devenir un luxe, mais une urgence »
Enfin, il faut saluer les pionniers. Depuis 2022, les trophées Horizons du tourisme durable récompensent des structures exemplaires. Nombre d’entre elles ont été distinguées pour leurs actions en faveur d’une meilleure gestion de l’eau : réutilisation, mutualisation, innovations techniques ou sensibilisation des publics.
Le tourisme doit sortir de sa dépendance aveugle à l’eau pour entrer dans une ère de sobriété lucide. C’est une question de survie, mais aussi d’éthique. Protéger l’eau, c’est protéger la vie, les communautés locales, les paysages, et l’avenir même du voyage. L’eau nous relie toutes et tous. Et c’est à sa source que commence la responsabilité.
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[Tribune de Julien Buot] Tourisme et eau : il est temps d’agir à la source
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