[ad_1]

L’Echo touristique : Vous avez récemment participé à un voyage en Ukraine, organisé par Pascal Falcone et Olga Sansone du réceptif Vacanture. Pourquoi ce choix alors que le pays, en guerre, demeure formellement déconseillé par le Quai d’Orsay ?
Fabrice del Taglia : D’abord, ce voyage m’a été proposé, ce qui m’a poussé à m’interroger sur son utilité. Ma vraie motivation est d’ordre personnelle : je souhaitais essayer de me mettre à la place de personnes assiégées depuis 3,5 ans. Avoir de la visite lorsqu’on est totalement isolés peut, à mon sens, faire du bien au moral. C’est un peu comme quand des personnes rendent visite à des prisonniers qu’elles ne connaissent pas, par le biais d’une association. Même s’ils reçoivent de l’aide militaire, les Ukrainiens sont coupés du reste du monde. Ce voyage en Ukraine a permis de témoigner notre solidarité. La population locale nous a bien accueillis et a qualifié notre présence de courageuse parce que les étrangers se font très rares. Mais le risque sécuritaire, lui, était vraiment limité.
Vous ne vous êtes jamais senti en insécurité ?
Fabrice del Taglia : Nous n’avons pas eu ce sentiment, même si une alerte nous a conduits à nous cacher dans l’abri de l’hôtel : la piscine ! Lviv reste une ville étonnement prospère et animée, surtout en début de soirée. Sous ce vernis, bien sûr, la guerre affleure. Les jeunes dînent en ville puis respectent le couvre-feu à minuit. Le matin, à 9h, tout le monde s’arrête pour une minute de silence, même les bus. Nous avons visité le cimetière de Lviv qui compte 1100 morts. Tous les jours, un cortège funéraire arrive devant la mairie. Malgré ce contexte, les Ukrainiens font preuve d’un stoïcisme incroyable.

Votre deuxième motivation, c’était de préparer le retour de Nomade Aventure en Ukraine ?
Fabrice del Taglia : Oui. Mon court séjour m’a aussi permis d’évaluer la possibilité de rouvrir la destination. Dès mon retour en France, j’ai donné des consignes en ce sens. L’idée n’est pas d’aller dans des zones de guerre ni de verser dans le voyeurisme. Ce qui nous intéresse, c’est la Transcarpathie. Cette région montagneuse se situe à l’extrême sud-ouest du pays, à la frontière de la Slovaquie, de la Hongrie, de la Roumanie et de la Pologne. C’est une très belle région pour le tourisme d’aventure, avec le point culminant de l’Ukraine et aussi des églises en bois. Nous la programmerons… dès que nous le pourrons.
Dès que vous le pourrez ?
Fabrice del Taglia : Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères déconseille toute l’Ukraine. Organiser des voyages sur place n’est qu’une pure hypothèse à ce stade. Mais si le Quai d’Orsay bascule une partie du pays en orange, nous pourrions en revanche considérer un tel scénario.

La Transcarpathie est déjà classée en orange par le Foreign Office (au Royaume-Uni, NDLR), qui déploie les mêmes codes couleurs que la France.
Chez Nomade, nous n’allons pas dans les zones orange, sauf quand nous estimons que les voyageurs ne courent pas de risque.
Comment préparez-vous le terrain, doucement ?
Fabrice del Taglia : Nous allons publier le voyage en Transcarpathie sur notre site, mais sans mettre de date. Les voyageurs pourront s’inscrire sur une liste d’attente. Nous pourrons ainsi mesurer leur appétence pour cette petite partie de l’Ukraine.
Nous parlons souvent du tourisme comme vecteur de paix. Si nous n’agissons pas un peu en ce sens, cela ne sert à rien.
Avez-vous programmé l’Ukraine par le passé ?
Fabrice del Taglia : Oui, jusqu’en 2018. Nous proposions des voyages plutôt culturels, ainsi que deux itinéraires incluant Tchernobyl. L’Ukraine était pour nous une destination confidentielle. Qu’en sera-t-il demain quand nous y retournerons ? Y aura-t-il une forme de solidarité ? Je veux croire qu’à notre toute petite échelle, nous puissions générer des recettes économiques et de belles rencontres. Nous parlons souvent du tourisme comme vecteur de paix. Si nous n’agissons pas un peu en ce sens, cela ne sert à rien.
A lire aussi :
- Nomade Aventure : « Les voyages en train représentent un grand potentiel pour tout le secteur »
- Ukraine : d’après l’Unesco, la guerre a causé 2,4 milliards d’euros de destruction…
Voyages en Ukraine : comment Nomade Aventure prépare son retour
[ad_2]
Source link

