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Une ancienne expression allemande stipule : « Être ponctuel comme le chemin de fer », rappelle ironiquement un chroniqueur du quotidien Süddeutsche Zeitung à la mi-août. La veille, Richard Lutz, patron de la compagnie nationale Deutsche Bahn (DB), a été prématurément remercié de ses fonctions.
C’est le gouvernement allemand qui a décidé de se défaire de M. Lutz, mettant en cause la situation « dramatique » du ferroviaire national, condamnant le manque de ponctualité criant des trains. Et pour cause : en 2017, année de prise de fonction de Richard Lutz, celle-ci s’élevait à 78,5%. En 2024, elle était tombée à 62,5%, faisant de la DB l’une des pires compagnies ferroviaires européennes en termes de fiabilité.
A tel point qu’en février 2025, la Suisse décidait de bannir la compagnie allemande de son réseau ferré. Et de remplacer les trains en provenance d’Allemagne par des trains suisses, dès leur premier arrêt dans le pays, par des trains locaux plus fiables.
Infrastructure vétustes
Pour certains, rien ne sert de fustiger le patron, qui subit la vétusté du rail. L’association des usagers de la Deutsche Bahn a accueilli la nouvelle avec scepticisme. « La situation des chemins de fer ne changera pas en changeant les dirigeants, mais uniquement en améliorant la politique ferroviaire en Allemagne », étrille son dirigeant d’honneur, Karl-Peter Naumann.
L’association dénonce le fait que les infrastructures, vétustes, n’aient pas été rénovées à temps, entraînant le groupe vers l’endettement et l’empêchant de résoudre ses problèmes de ponctualité.
Le gouvernement allemand s’est ainsi engagé à fournir 20 milliards d’euros à la compagnie nationale cette année, puis 107 milliards d’ici à 2029, afin de financer la refonte du réseau ferré. Le ministère des Transports détaillera un projet de réforme de la DB le 22 septembre, a annoncé son ministre, Patrick Schneider.
En France, prévenir pour ne pas subir
L’urgence de la situation allemande fait par ailleurs écho en France, où l’on s’inquiète, faute d’investissements, de terminer dans une situation semblable. En octobre 2024, lors d’une audition devant l’Assemblée nationale, Jean-Pierre Farandou prévenait : « Nous avons sous les yeux l’Allemagne, qui n’a pas fait les efforts suffisants, et connait de gros problèmes de fiabilité ».
Le réseau ferré français « vieillit vite », rappelait le PDG de la SNCF dans un épisode du podcast Je t’offre un rail ?, en mai 2025. « Il a 30 ans de moyenne d’âge, certains rails ont même plus de 100 ans ». Et de prévenir : « Les clients allemands n’ont plus confiance dans le train. Moi, je ne veux pas que ça arrive dans notre pays ».
La conférence de financements menée par François Bayrou, « Ambition France Transports », avait permis de dégager quelques pistes. Mais il faudra agir vite : la SNCF demande 1 milliard d’euros supplémentaires par an pour maintenir le réseau ferroviaire français en vie, et une prise de décision rapide, pour pouvoir programmer dès maintenant les travaux de 2027.
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